Corniches et mansardes
C’est souvent le point fort de la façade, l’élément
décoratif qui donne le ton, avec une note fantaisiste ou
au contraire classique. C’est cependant un élément
fragile et souvent difficile d’accès. Quand la beauté se
fait inaccessible!…
Outre la complexité et la fantaisie de ses
détails, c’est par ses dimensions et
son rapport avec les proportions du reste de la façade
que le couronnement prend toute son importance. Une
belle façade de pierre qui aurait perdu sa
corniche de métal aurait aussi perdu une bonne
partie de sa valeur esthétique, car les différents
éléments composant une façade
sont intimement reliés.
LES
DIFFÉRENTS TYPES
Les photos illustrant ce texte montrent différents
types de couronnement. Corniche de bois rencontrée
sur les bâtiments plus anciens; corniche en
tôle galvanisée peinte surtout sur les
façades en pierre du tournant du siècle
(photo A); un parapet prolongeant une façade
de brique plus récente (photo B); et une mansarde
en tuiles d’ardoise qui compose la moitié
ou l’entièreté du dernier étage
(photo C). Comme vous pouvez le voir, c’est
un élément important de l’allure
générale de votre édifice.
LES DANGERS
Les dangers qui menacent la survie des couronnements
sont nombreux mais relativement faciles à contrer
avec un bon entretien. La corniche de bois nécessite
régulièrement un grattage et une application
de peinture. La corniche de tôle est relativement
fragile du fait de ses nombreux joints soudés
qui parfois se brisent; la pluie risque alors de s’infiltrer.
Ici aussi, grattage et peinture s’imposent régulièrement.
Un enduit à toiture peut facilement colmater
temporairement les joints ouverts. La tôle galvanisée
jouit d’une certaine protection, mais elle est
altérée une fois la surface rouillée;
il faut donc la protéger par une application
régulière de peinture.
Quant
au parapet de brique, vous remarquerez qu’il
y en a qui penchent du côté du toit.
La raison en est que la face du parapet côté
toit est recouverte de tôle, donc étanche,
tandis que la face apparente en briques possède
des joints qui laissent parfois infiltrer l’eau,
ce qui les fait gonfler avec le gel et le dégel
et fait pencher le muret. Il faut alors démonter
la brique et la replacer en corrigeant les joints.
Avec les fausses mansardes, c’est un peu plus
complexe, car on est en présence de plusieurs
matériaux. On retrouve encore une partie basse
en bois, certains éléments de tôlerie
et, bien sûr, l’ardoise elle-même.
L’ardoise étant inaltérable, ce
sont plutôt ses attaches qui vont se briser
et faire parfois disparaître quelques tuiles.
Il est possible de ne remplacer que quelques ardoises.
Une légère différence dans le
coloris de l’ardoise de remplacement n’est
pas une raison suffisante pour ne pas effectuer les
travaux. Une mansarde d’ardoise représente
une grande valeur architecturale.
LA
CONSERVATION
Comme nous l’avons dit en introduction à
ce guide, c’est l’entretien qui est la
meilleure garantie de préservation des couronnements.
On peut voir aujourd’hui des édifices
plus que centenaires dont les couronnements sont encore
en parfait état. Vous devez vous rappeler qu’un
travail de réparation et de sauvegarde bien
fait par un artisan attentif sera très souvent
moins coûteux que le remplacement complet de
l’élément architectural. Il faut
aussi garder à l’esprit qu’un couronnement
disparu peut être remplacé de façon
intéressante sans nécessairement le
reproduire dans tous ses détails, mais simplement
en rappelant la forme générale, les
dimensions et le volume. Vous assurerez ainsi l’harmonie
esthétique de l’ensemble de votre maison.
www.ville.montreal.qc.ca/patrimoine
www.gorenovation.com
|