PRIX SPÉCIAUX DU PATRIMOINE 2014

 

Prix d’excellence Ivanhoé Cambridge 2014

résidentiel
Bâtir son quartier

Le Prix d’excellence Ivanhoé Cambridge de l’Opération patrimoine architectural de Montréal 2014 est remis à l'entreprise Bâtir son quartier pour sa contribution à la préservation et au recyclage du patrimoine immobilier de Montréal.

L’entreprise d’économie sociale Bâtir son quartier, née en 1994 de la fusion de quatre groupes de ressources techniques, compte aujourd’hui une quarantaine d’employés. Elle a coordonné la réalisation de près de 400 projets d’habitation et d’immobilier communautaire, représentant plus de 10 000 logements au total.

Les interventions de rénovation et de restauration représentent près de 60 % des projets réalisés par Bâtir son quartier. La majeure partie de ces projets consiste en l’achat-rénovation de duplex et triplex. L’autre pan de ses interventions comprend le recyclage d’édifices : depuis 1976, écoles, hôpitaux, station d’électrification, bâtiments commerciaux, presbytères, églises et couvents ont été restaurés et transformés en résidences ou locaux communautaires. L'entreprise a sept projets de ce type en cours, dont trois églises.

Pour Édith Cyr, directrice générale de Bâtir son quartier, les édifices institutionnels ont un emplacement privilégié, au cœur des quartiers, et constituent, dans certains secteurs, les seules possibilités de développement. Recycler ces bâtiments pour y aménager des logements communautaires est aussi une façon de confirmer leur appartenance au patrimoine collectif.

Parmi les projets récents, une ancienne station d’électrification érigée en 1903, la Station n° 1, dans le quartier Hochelaga, a été convertie en une coopérative de 74 unités. Le projet a non seulement permis la sauvegarde d’une portion significative de l’édifice vouée à la démolition, mais a également enclenché un processus de mise en valeur de l’ancienne voie ferrée qui longe le bâtiment. La conversion de l’ancien hôpital Bellechasse en 68 unités résidentielles, dans Rosemont‒La Petite-Patrie, est un autre exemple de recyclage, d’un patrimoine plus récent.

Pour l'entreprise, les principaux facteurs de succès des projets sont d'une part l’adhésion des citoyens et d'autre part la collaboration entre les porteurs du projet, c'est-à-dire l’arrondissement, les services centraux de la Ville, les entrepreneurs, les architectes, les organismes du quartier d’implantation et, le cas échéant, les sociétés d’histoire locales.

Prix du patrimoine commercial 2014

résidentiel
Carrefour d'innovation INGO

Le prix du patrimoine commercial 2014 est remis à l’École de technologie supérieure pour la conservation et la transformation de l’ancienne tour de brassage de la brasserie Dow, située au 355, rue Peel, devenue le Carrefour d’innovation INGO.

Érigés entre 1924 et 1926 entre les rues William, Notre-Dame, Peel et Monfort, les bâtiments de la brasserie ont été acquis par l’École de technologie supérieure (ÉTS) en 2003. Les travaux de restauration et d’aménagement de l’intérieur de la tour de brassage ont débuté en 2009.

Ont contribué à cette réalisation les architectes Régis Côté et associés, Teknika HBA (structure et mécanique), BPA (électricité) et Sept Frères Construction (entrepreneur général).

Le projet de conversion comprenait la démolition des structures internes, le désamiantage et le démantèlement d’anciens équipements pour l’aménagement des espaces de travail. L’édifice ayant été bâti autour d’un procédé industriel, le brassage de la bière, l’optimisation des superficies intérieures était complexe et environ 35 % de la superficie brute a été perdue. La façade de briques a été réparée et nettoyée. Plusieurs ouvertures condamnées ont été remises en état. La toiture a été refaite entièrement, ainsi que toutes les fenêtres. L’arrière du bâtiment a bénéficié d'un aménagement paysager et accueille maintenant un espace de stationnement en dalles alvéolées.

L’édifice, qui a ouvert ses portes en 2012, offre près de 6 000 m² d’espaces dédiés à des cellules d’innovation, où des entreprises ont regroupé des équipes de recherche dans le but de faire de l’innovation ouverte et de la cocréation. Deux ans après son ouverture, plus de la moitié des espaces sont occupés.

Au rez-de-chaussée, le centre accueille une exposition permanente sur l’histoire de la brasserie intitulée « Dites donc Dow! - L'histoire d'une brasserie d'ici ». L’histoire de cette exposition remonte au moment où Pierre Guillot-Hurtubise, grand collectionneur d’objets Dow, propose au directeur général de l’ÉTS, à l'époque Yves Beauchamp, d’exposer sa collection. Sous la direction de Patrice Catoir, directeur de la planification et du développement du campus, l’ÉTS se tourne alors vers le Musée Pointe-à-Callière pour assurer la maîtrise d’œuvre du projet. Aujourd'hui, l'exposition relate sur 170 m² l’histoire de l’entreprise et l’évolution du site, décrit les procédés industriels utilisés et présente une série d’objets dérivés et de publicités de la brasserie.

Prix de la mise en valeur du patrimoine 2014

résidentiel
Monastère des Carmélites

Le prix de la mise en valeur du patrimoine est remis aux Moniales Carmélites de Montréal et à la firme Beaupré Michaud et Associés, Architectes pour la restauration exemplaire du monastère des Carmélites, situé au 301-371, avenue du Carmel.

En 1896, les Carmélites de Montréal confient les plans de leur monastère à l’architecte Alfred Préfontaine. L'ouvrage s’inscrit dans la plus pure tradition de l’architecture monastique occidentale : le cloître, ou carré claustral, attenant à l’église, est ouvert sur un préau. Le tout est entouré d’un haut mur. Cette disposition correspond à un plan type qui s’est perpétué pendant plus d’un millénaire.

Le Carmel comprend plusieurs espaces : certains sont cloîtrés, tels le chœur des religieuses, le cloître, le préau, les ermitages et le jardin en arrière; certains sont publics, comme l’accueil, les parloirs, la chapelle, la sacristie et le jardin avant. Le monastère et ses dépendances occupent une surface d'environ 5 000 m² sur un site de 16 416 m², protégé par une enceinte de pierre de 550 m de long.

En 2003, les Carmélites prennent la décision de vendre leur propriété à un promoteur privé pour s’établir hors de Montréal, notamment en raison des montants importants nécessaires à la réparation de l’ensemble conventuel. Une forte mobilisation s’organise alors pour assurer la préservation du site et son classement par le gouvernement du Québec. En 2005, d’un commun accord avec le promoteur, les Carmélites résilient la promesse de vente et, en 2006, le site est classé immeuble patrimonial.

En décembre 2005, les Carmélites entreprennent la restauration de leur propriété avec l’assistance de Beaupré Michaud et Associés, Architectes, un vaste projet s'échelonnant sur huit ans. Il vise la restauration du mur d’enceinte (2006-2013) et des murs extérieurs en maçonnerie de l’ensemble du monastère, puis la réfection, suivant le modèle ancien, des portes de l’accueil, de l’entrée de service avenue du Carmel et de la chapelle.

La maçonnerie du presbytère a été restaurée et la toiture, refaite; le parement de brique de la maison du gardien a été presque entièrement remplacé. Les travaux effectués sur la chapelle comprennent la restauration de la toiture d’ardoise et des clochers, la restauration et la mise en valeur du décor et du mobilier, ainsi que la réfection des mansardes en ardoise du passage entre l’accueil et la chapelle.

Prix de l’artisan 2014

résidentiel
Maçonnerie Richard Tremblay Inc.

Le prix de l’artisan 2014 est remis à l'entreprise Maçonnerie Richard Tremblay Inc. pour la qualité de son travail dans la restauration d’éléments patrimoniaux architecturaux. En activité depuis 1991, l'entreprise s’est illustrée dans des projets résidentiels et commerciaux, comme industriels et institutionnels.

Les frères Benoit et Vincent Tremblay ont racheté l’entreprise de leur père, Richard Tremblay, en 2008. Aujourd’hui, elle compte dix employés, soit neuf maçons et un manœuvre spécialisé. Parmi les travaux qu’elle effectue fréquemment : le démantèlement complet ou partiel de murs et la réinstallation de la brique ou de la pierre qui aura été nettoyée. Elle réalise également le remplacement des allèges et des linteaux ainsi que la réfection de cheminées.

Œuvrant de pair avec différents professionnels, tels que des architectes et des ingénieurs, les entrepreneurs font du respect du patrimoine architectural une priorité absolue.

Prix d'intégration architecturale 2014

résidentiel
Centre d’escalade Allez Up

Le prix d’intégration architecturale est remis à la famille Richer-de la Plante, propriétaire du centre d’escalade Allez Up, et à la firme Smith Vigeant Architectes pour la requalification du site des anciens silos de la sucrerie Redpath, au 1555, rue Saint-Patrick.

Bordé par les rues Saint-Patrick et de Condé, aux abords du canal de Lachine, le site a accueilli la ferme Saint-Gabriel jusqu’à ce que John Redpath fasse l’acquisition du terrain, en 1854. Les quatre silos ne seront construits que bien plus tard, entre 1953 et 1962. La raffinerie ferme définitivement ses portes en 1980. Les bâtiments restent inoccupés jusqu’en 2005, lorsque le bâtiment principal de la raffinerie est converti en condominiums.

En 2009, les propriétaires et gestionnaires d’Allez Up acquièrent les silos laissés à l'abandon, à quelques pas du centre d’escalade alors installé dans l’édifice du Nordelec. Allez Up, racheté par la famille Richer-de la Plante en 2003, faisait face à des contraintes d’espace et de hauteur pour servir une clientèle en expansion. Cette relocalisation a permis de tripler la capacité d’accueil du centre. Aujourd'hui, sur une superficie de 1 220 m², le site offre les plus hautes parois d’escalade en Amérique du Nord, avec une hauteur moyenne d’un peu plus de 17 mètres (55 pieds).

Le projet comprenait un nouveau bâtiment s’insérant entre les deux paires de silos. Leur intégration était un défi en soi, en raison de leur forme circulaire et étroite. Jusqu'ici, un seul des silos a été intégré, abritant l’entrée principale, et des blocs d’escalade ont été installés au premier étage. Une terrasse a aussi été aménagée à l’arrière des silos longeant la rue Saint-Patrick, pour la pratique extérieure, sur blocs. C’est la firme Smith Vigeant Architectes qui a piloté le projet, les autres intervenants étant notamment Martin Roy et associés pour le génie bioclimatique, NCK pour la structure et eSpace Construction.

Les parois d’escalade sont aménagées à l’intérieur du nouveau bâtiment et évoquent des falaises de sucre, rappelant la fonction première des silos Redpath, tandis que le parement et la structure métallique de l’enveloppe extérieure rendent hommage au caractère industriel et monolithique du lieu. Les fenêtres, en longues percées évoquant des failles et des vides, ouvrent le centre sur la rue Saint-Patrick. L’apparence extérieure des silos n’a pas été modifiée. Le sommet du nouveau bâtiment a été conçu pour pouvoir accueillir ultérieurement un toit vert permettant l’escalade des silos.

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